Mikoyan-Gourevitch MiG-25 Foxbat

Dès que les Soviétiques eurent connaissance du programme américain de bombardier supersonique XB-70 Valkyrie, ils décidèrent de développer un intercepteur capable de contrer cette menace. Bien que le Valkyrie fut ensuite abandonné, le programme du nouveau chasseur soviétique se poursuivit. Désigné d’abord comme le Ye-155, l’appareil reçut le nom de MiG-25, les analystes de l’OTAN lui attribuant le nom de code Foxbat (roussette). L’appareil devait à jamais conserver une grande partie de ses caractères initiaux, qui devaient d’ailleurs lui valoir une très flatteuse réputation à l’Ouest. Le MiG-25 fut construit autour d’un impératif de vitesse, devenant le premier appareil militaire capable d’atteindre Mach 3 (la vitesse prévue du Valkyrie) et entrant en service. Les développeurs de l’OKB MiG sacrifièrent tout à la vitesse, afin de répondre aux critères exigés par les autorités soviétiques. Le MiG-25 était un intercepteur pur, sa faible maniabilité lui interdisant le combat tournoyant. Comme tous les appareils soviétiques, la qualité de sa construction était déficiente, les usines du complexe militaro-industriel n’étant pas réputées pour leur contrôle qualité. En revanche, le Foxbat était assez léger, incorporait un grand nombre de pièces en nickel et en titane, pouvait emporter quatre missiles air-air et enfin, disposait d’un puissant radar. Il suscita rapidement l’émoi, voire la terreur des officiels occidentaux, ce qui motiva ces derniers à lancer la construction d’un “Tueur de Foxbat”, le F-15.

Les Soviétiques comprirent très vite que le MiG-25 pouvait s’avérer encore plus utile que ce qu’ils avaient prévu au départ. On envisagea de multiples versions du Foxbat, mais au final, l’interception et la reconnaissance furent ses fonctions les plus importantes. Pouvant voler à Mach 3 grâce à une motorisation très puissante et un fuselage résistant aux hautes températures, le MiG-25 était naturellement un redoutable intercepeur, capable de monter de 0 à 35 kilomètres en moins de 5 minutes. Entre 1965 et 1978, pas moins de 25 records (vitesse, altitude, vitesse ascensionnelle) furent homologués par des exemplaires plus ou moins modifiés du MiG-25. Bien sur, à de telles altitudes, le potentiel de combat de l’appareil était très diminué. Mais il n’en représentait pas moins une terrible menace pour les bombardiers du Strategic Air Command.

Principales variantes :
- MiG-25P (Foxbat-A) : naît en 1969, entre en service trois années plus tard ; il constitue la version de base du MiG-25
- MiG-25R (Foxbat-B) : variante de reconnaissance, entrant en service dès 1969 ; plusieurs sous-versions en sont dérivées, dont le MiG-25RBSh (emportant un radar SLAR à vision latérale) et le MiG-25RBF (Foxbat-D) de reconnaissance électronique
- MiG-25PU (Foxbat-C) : biplace d’entraînement pour l’interception (une variante RU existe aussi)
- MiG-25PD (Foxbat-E) : version sensiblement améliorée, développée à partir de 1978, pour pallier les resneignements obtenus par l’USAF sur le MiG-25P en 1976 (défection de Victor Belenko au Japon) ; 370 exemplaires du MiG-25P rétrofités à ce standard

Environ 1200 appareils sortirent des chaînes de production soviétiques, entre 1969 et 1983, servant pour la plupart en Union Soviétique même. Toutefois, certains états du Pacte de Varsovie en furent équipés, ainsi que quelques clients à l’exportation. Des appareils irakiens remportèrent ainsi les deux seules victoires confirmées pour le Foxbat, en 1991 (un F-18 de l’US Navy, dont la perte a été reconnue officieusement par la CIA, et dont l’épave a récemment été retrouvée en Irak) et 2003 (un drone MQ-1 Predator). A l’heure actuelle, le MiG-25 est encore utilisé par la Russie (peut-être 70 exemplaires), la Syrie (une trentaine), l’Algérie, la Libye et l’Azerbaidjan. Un exemplaire est conservé en Arménie mais il ne semble plus en état de voler. Dans tous les cas, les Foxbat encore officiellement en service sont usés et leur activité est sujette à caution. En Russie (et peut-être bientôt en Syrie), le MiG-25 a été en grande partie remplacé par un autre MiG, qui reprend d’ailleurs une large partie de sa structure : le légendaire MiG-31 Foxhound (chien courant).

Les MiG-25 eurent une carrière militaire notable, souvent méconnue. Ils furent utilisés à de nombreuses reprises comme appareils de reconnaissance, rôle dans lequel ils furent imbattables jusqu’à l’arrivée du SR-71 américain. Plusieurs appareils soviétiques ont ainsi procédé impunément à des missions de reconnaissance au-dessus du territoire israélien entre 1971 et 1973. L’Inde utilisa aussi ses Foxbat pour survoler le territoire pakistanais, là encore sans susciter de riposte efficace. En revanche, il semble que les Foxbat irakiens furent dominés par les F-14 Tomcat iraniens durant la guerre entre ces deux pays, entre 1980 et 1988. On parle de onze appareils irakiens abattus.

Repères

Type: Interception et reconnaissance à haute altitude

1er vol du prototype: 6 mars 1964

Mise en service: 1970

Pays d'origine

Ex-URSS

Ex-URSS


Pays utilisateurs

Algérie, Azerbaïdjan, Inde, Irak, Kazakhstan, Libye, Russie, Syrie, Ukraine.

Plan 3 vues

Plan 3 vues MiG-25 Foxbat

Données techniques

  • Version : MiG-25 Foxbat-A
  • Motorisation : 2 Toumanski R-31
  • Puissance : 2x 7600 kgp en sec, 2x 11000 kgp en PC
  • Envergure : 13,94 m
  • Longueur du fuselage : 23,82 m
  • Hauteur au sol : 6,10 m
  • Surface alaire : 59 m²
  • Masse à vide : 20 000 kg
  • Masse maximale : 36 200 kg
  • Plafond pratique : 25 000 m
  • Distance franchissable : 1 730 km
  • Vitesse maximale : 3400 km/h
  • Equipage : 1 pilote

Profil

Profil MiG-25 Foxbat

Photos du MiG-25 Foxbat

MiG-25 Foxbat


MiG-25 Foxbat

Vidéos du MiG-25 Foxbat







9 commentaires

Laisser un commentaire :

Vous devez être connecté pour publier un commentaire.