Kamov Ka-25 Hormone

Les Soviétiques n’accordaient pas la même importance que les Occidentaux à leurs forces navales. Cet état de fait changea avec les années 1960. Un effort plus important fut consenti pour doter l’Union Soviétique de navires modernes, capables de missions plus avancées que la simple défense côtière. Un des pans de cette nouvelle doctrine navale fut l’introduction de l’hélicoptère embarqué, grâce notamment à l’un des deux fabricants d’hélicoptères à l’Est, Nikolaï Kamov. Avant les années 1960, l’Union Soviétique disposait déjà de matériels produits par Kamov, notamment de Ka-15 et de Ka-18, des appareils propulsés par des moteurs à pistons. 1961 marqua un tournant avec la découverte par les Occidentaux d’un prototype, le Kamov Ka-20 “Harp”. Celui-ci, propulsé par des turbines, avait une allure redoutable et surtout, était porteur de deux missiles. Par la suite, cet armement n’apparut plus, ce qui laisse à penser qu’il s’agissait d’une désinformation mise en oeuvre par Moscou. Toujours est-il que le Ka-20 ouvrit la voie au Kamov Ka-25 “Hormone”. Le Ka-25 est issu d’une demande de la marine soviétique de 1958, désireuse de se doter au plus vite d’un hélicoptère embarqué destiné à la lutte anti-sous-marine. Kamov proposa rapidement un appareil qui emporta tous les suffrages. Comme toujours en Union Soviétique, cet appareil répondait exactement aux spécifications requises, et il avait été conçu autour de celles-ci. Il n’est donc pas étonnant qu’il ait connu un aussi grand succès.

Le Ka-25 est reconnaissable entre mille, grâce à son allure inimitable. Plus haut qu’un Sikorsky Sea King, il est en revanche plus petit qu’un Dauphin ou qu’un Westland Lynx. En effet, les navires soviétiques, même les plus récents, n’ont jamais disposé de larges ponts pour leurs hélicoptères. Il fallait donc un appareil de taille réduite. Kamov résolut le problème en ayant recours à la technologie la moins conventionnelle qui soit, le rotor contrarotatif. Le Ka-25 est ainsi pourvu de deux rotors contrarotatifs coaxiaux, munis chacun de trois pales, et capables de surcroit de se replier une fois l’appareil posé. Cette technologie supprimait la nécessité de doter l’hélicoptère d’un rotor de queue, ce qui réduisait la longueur du fuselage du Ka-25 à moins de 10 mètres. Particulièrement robuste, la cellule du Ka-25 est construite en métal, traité contre la corrosion. Le train d’atterrissage, repliable en cas de besoin, est formé de quatre jambes indépendantes munies de roues, ce qui confère au Kamov une très grande stabilité au sol : même dans des mers formées, le Ka-25 a moins de risques de glisser ou de tomber du pont du navire où il vient de se poser. Ces roues peuvent au besoin être équipées d’un dispositif de gonflement rapide, permettant à l’appareil de flotter en cas d’urgence. Capable de voler de jour comme de nuit, et par toutes les conditions, le Ka-25 pouvait également être employé sur tous les théatres d’opérations possibles, un avantage inappréciable en Union Soviétique. On a vu par exemple des Ka-25 utilisés à partir de brise-glaces, sur la Route Maritime du Nord, sur le littoral septentrional du pays. Les deux pilotes sont assis côte à côte à l’avant d’une cabine spacieuse, capable de transporter 12 personnes (sur des sièges repliables). En général, deux à trois opérateurs y prennent place, pour servir les équipements de l’Hormone. Ceux-ci sont principalement composés d’un radar de recherche Short Horn, monté à l’avant, sous la cabine, d’un système d’identification IFF Odd Rods (matériel standard des forces du Pacte de Varsovie), d’un détecteur d’anomalie magnétique remorqué, d’un sonar et parfois d’un conteneur à bouées acoustiques (sur le côté droit du fuselage). L’armement du Ka-25 était essentiellement tourné vers la lutte anti-sous-marine : chaque appareil pouvait emporter 2 torpilles (en général de calibre 450 mm), des mines ou des charges de profondeur.

Au sein de la flotte soviétique, le Ka-25 avait de nombreuses fonctions : défense contre les sous-marins occidentaux, recherche et sauvetage en mer, transport… Mais il avait aussi un rôle essentiel dans les actions anti-navires. En effet, la carence des navires soviétiques en systèmes de guidage entraîna l’utilisation de petits navires ou d’hélicoptères comme stations intermédiaires de guidage. Une version spécifique du Ka-25, équipée d’un radar plus volumineux, fut ainsi employée pour le guidage de plusieurs types de missiles surface-surface, tels le le SS-N-3B Shaddock, le SS-N-12 Sandbox ou le SS-N-22 Sunburn, permettant leur usage à leur portée maximale.

Versions principales :

- Ka-25BSh (Hormone-A) : version de base du Ka-25, destinée à la lutte anti-sous-marine
- Ka-25BShZ : destiné au dragage et au mouillage de mines, 8 exemplaires construits
- Ka-25F : variante d’assaut armé, écartée au profit du Mil Mi-24 ; équipée d’un canon de 23 mm et de six points d’emport pour 6 AT-2 Swatter ou 6 paniers lance-roquettes
- Ka-25K (également appelé Ka-25Ts ; Hormone-B) : destinée au guidage des missiles surface-surface au-delà de l’horizon, équipée d’un radar plus volumineux et d’une liaison de données
- Ka-25PS (Hormone-C) : variante désarmée destinée à des missions de recherche et de sauvetage en mer, et de transport ; peut recevoir des réservoirs auxiliaires (autonomie portée à 650 kilomètres)

De 1966 à 1975, environ 460 exemplaires sortirent des chaînes de production, essentiellement pour les besoins des militaires soviétiques. Quelques exemplaires sont encore en service, en Syrie (mais leur état est sujet à caution) ou au Vietnam. Le Ka-25 fut progressivement supplanté par une version améliorée, le Ka-27, mais l’excellence de sa conception s’est maintenue jusqu’à nos jours, avec le développement d’une grande famille d’appareils Kamov (Ka-27, Ka-29, Ka-30, Ka-31, Ka-32, etc).

Repères

Type: Hélicoptère polyvalent embarqué

1er vol du prototype: 26 avril 1961

Mise en service: 1968

Pays d'origine

Ex-URSS

Ex-URSS


Pays utilisateurs

Bulgarie, Inde, Russie, Syrie, Ex-URSS, Vietnam, Ex-Yougoslavie.

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Données techniques

  • Version : Ka-25
  • Motorisation : 2 turbopropulseurs Glushenkov GTD-3F
  • Puissance : 2 x 990 ch
  • Envergure : 15,74 m
  • Longueur du fuselage : 9,75 m
  • Hauteur au sol : 5,37 m
  • Surface alaire :
  • Masse à vide : 4 765 kg
  • Masse maximale : 7 500 kg
  • Plafond pratique :
  • Distance franchissable : 450 km
  • Vitesse maximale : 209 km/h
  • Equipage : 2 pilotes + 2 à 3 opérateurs

Photos du Ka-25 Hormone

Ka-25 Hormone


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