Xian JH-7

A une époque pas si lointaine où, hormis les constructeurs européens équipant leurs marchés et quelques anciennes colonies, n’existaient que deux industries aéronautiques dignes de ce nom – celle des Etats-Unis et celle de l’Union Soviétique -, un troisième Etat tentait de se doter d’appareils de conception nationale, dans le but de faire plus tard jeu égal avec les deux superpuissances. Ce troisième larron, qui a survécu à la tourmente de la fin des années 1980 et qui tend à devenir de plus en plus important dans la conduite des affaires du monde, c’est la Chine. Depuis une décennie, les appareils chinois commencent à marquer le paysage aéronautique international. Et l’un d’entre eux, l’un des moins connus sans doute, aura peut-être à l’avenir une importance non négligeable. Cet appareil est le Xian JH-7. Il est à noter que l’on connaît le JH-7 sous plusieurs dénominations, JH-7, FBC-1 Flying Leopard (pour l’exportation) et par son code OTAN: Flounder.

A la fin des années 1970, désireuse de remplacer ses vieux H-5 (Iliouchine Il-28 Beagle) et ses Nanchang Q-5 d’attaque au sol, la Chine lança un vaste programme portant sur un appareil d’attaque au sol, destiné à ses forces aériennes et à sa marine, baptisé Hong-7 (H-7). L’armée de l’air devait se doter d’un appareil comparable au F-111 Aardvark, mais le programme, source de nombreuses difficultés, fut finalement abandonné. Seule la marine chinoise poursuivit le programme qui, dans les deux cas, exigeait un appareil capable de porter 3 à 5 tonnes d’armement dans un rayon de combat de 800 kilomètres, capable de mener des missions air-sol à basse altitude, de jour comme de nuit et par tous les temps. En outre, il devait être muni d’une postcombustion, pour réduire sa course de décollage, et pouvoir voler à Mach 0,9 à moins de 500 mètres d’altitude. La mission principalement demandée au H-7 était la lutte anti-navires, mais avec une capacité air-air pour sa propre défense. Par la suite, le H-7 et le JH-7 se sont vus attribuer des capacités air-sol supplémentaires. Au final, le JH-7 est un appareil d’attaque au sol comparable par de nombreux aspects au Panavia Tornado ou au Sukhoï Su-24 Fencer. Le premier vol du JH-7 a été effectué à la fin de l’année 1988, les premiers exemplaires de pré-série étant reçus par l’armée de l’air chinoise en 1992.

Le JH-7 est un bimoteur biplace, dont les deux membres d’équipage partagent un cockpit en tandem. Cockpit d’ailleurs protégé, de même que les réservoirs internes de carburant. La voilure a été placée en hauteur de façon à ce que des armements encombrants puissent être emportés, même à basse altitude, ce qui est la raison d’être du JH-7. L’armement de l’appareil est d’ailleurs conséquent : outre un canon bitube Gsh-23L (produit en Chine) en position ventrale, le JH-7 est capable d’emporter plusieurs tonnes d’armement (les sources varient entre 5 et 9 tonnes), dont des missiles air-surface Yingji-82K (C-802), des roquettes et des bombes non guidées. A la fin des années 1990, une version nettement améliorée du JH-7, le JH-7A, fut proposée par le constructeur et adoptée par la marine chinoise. Le JH-7A dispose entre autres d’une verrière faite en une seule pièce, ce qui améliore la visibilité, d’une structure incorporant des matériaux composites donc plus légère, d’un nouveau radar JL-10A Doppler (peut-être inspiré par le AWG-9 du F-14 Tomcat ; d’une portée de 104 kilomètres, capable de suivre 15 cibles et d’en engager 6 simultanément), d’un collimateur tête haute (HUD) et d’écrans LCD dans le cockpit. Son armement a lui aussi été amélioré, le JH-7A étant capable de bombardements guidés par laser, de missions anti-radar (avec YJ-91, copie chinoise du missile russe Kh-31P). Enfin, il semble bien que le JH-7A puisse emporter des pods de guerre électronique et de contre-mesures (ECM). Dans les deux cas, la motorisation est assurée par 2 turbofans WS-9, en fait des Rolls-Royce Spey Mk202 produits sous licence.

Fortement concurrencé par le Su-27 Flanker dont la Chine venait de faire l’acquisition, le JH-7 a néanmoins retrouvé un second souffle depuis l’arrivée du JH-7A. On estime à environ une centaine le nombre d’exemplaires produits. Il semble que 3 régiments de la marine chinoise soient dotés du JH-7 ou du JH-7A : le 14ème (basé au nord du pays), le 16ème (le premier équipé, étant doté de JH-7 et basé à Shanghai) et le 27ème (basé sur l’île de Haïnan). L’armée de l’air chinoise dispose quant à elle d’un unique régiment, le 83ème, intégré à la 28ème Division Aérienne. Bien que l’appareil soit proposé à l’exportation, il n’a pour l’heure suscité aucun intérêt officiel.

Repères

Type: Chasseur-bombardier

1er vol du prototype: 14 décembre 1988

Mise en service: 1992

Pays d'origine

Chine

Chine


Pays utilisateurs

Chine.

Plan 3 vues

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Données techniques

  • Version : JH-7
  • Motorisation : 2 turbofans WS-9 (Rolls-Royce Spey Mk202)
  • Puissance : 2 x 91,26 kN
  • Envergure : 12,8 m
  • Longueur du fuselage : 22,32 m
  • Hauteur au sol : 6,22 m
  • Surface alaire :
  • Masse à vide : 14 500 kg
  • Masse maximale : 28 475 kg
  • Plafond pratique : 16 000 m
  • Distance franchissable : 1 759 km
  • Vitesse maximale : 1808 km/h
  • Equipage : 1 pilote, 1 opérateur systèmes

Photos du JH-7

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