Pilatus Britten-Norman BN-2B Defender

Quand on pense aux appareils de transport militaire, la première image qui nous vient spontanément à l’esprit est souvent celle d’un énorme appareil, capable de transporter des chars de bataille ou des dizaines de palettes, le tout d’un bout à l’autre de la planète. Mais à côté de ces géants des airs que sont l’An-124 ou le C-5 Galaxy, il existe d’autres appareils, bien plus petits et conçus pour de toutes autres missions que le transport stratégique. On les vit à l’oeuvre pour la première fois au cours de la Seconde Guerre Mondiale, certains comme le Fieseler Storch étant encore actifs après le conflit. Mais leur véritable essor date des années 1960. La Guerre Froide multiplie alors la demande de transports, et l’offre suit. Les conflits tendent à devenir périphériques, dans des zones moins bien équipées en infrastructures aéroportuaires que l’Europe ou l’Amérique du Nord, voire pas équipées du tout. La demande tend aussi à se fractionner et le “petit” transport s’accroît. Enfin, il ne faut pas négliger le rôle de la décolonisation, qui multiplie le nombre de pays, dont l’immense majorité n’ont évidemment ni les moyens techniques, ni encore moins financiers de se doter d’appareils coûteux et sophistiqués, mais qui en revanche ont grand besoin d’appareils plus petits et robustes, pouvant d’opérer dans des conditions spartiates, le tout à moindre coût. C’est dans ce contexte que naît le Britten-Norman BN-2 Islander, dont les principaux concurrents sont le Dornier Do-28, le DHC-6 Twin Otter, l’IAI Arava ou encore l’Antonov An-2.

Conçu par John Britten et Desmond Norman au début des années 1960, le BN-2 est dès le départ prévu comme un bimoteur d’une capacité de neuf places, capable d’affronter à peu près n’importe quelle piste, préparée ou non (champs, plages, prairies…) pourvue qu’elle soit longue d’environ 400 mètres. Le BN-2 est en effet un appareil ADAC, à décollage et atterrisage court. Ses ailes hautes et ses moteurs placés à une hauteur respectable du sol réduisent ses chances d’aspiration de débris. Son train d’atterrisage fixe facilite une maintenance déjà rendue très facile par un accès rapide à toutes les zones clés de l’appareil et une sophistication très réduite (il est ainsi dénué de systèmes hydrauliques). En outre, les ingénieurs britanniques parviennent à donner au BN-2 une maniabilité étonnante, même à basse vitesse ou avec un moteur en panne. Enfin, ils dotent l’appareil d’une cabine étroite – large de seulement 1,09 mètres, les versions de transport de passagers ne disposent pas de couloir central, l’accès aux sièges se faisant grâce à trois portes, deux à gauche, une à droite du fuselage – mais facilement utilisable grâce à deux portes arrière et un plancher plat. En résumé, le BN-2 est un avion de transport simple, robuste et peu coûteux. Ces arguments permirent à la firme Britten-Norman de vendre plusieurs centaines de BN-2. A ce jour, on parle de près de 1300 appareils, toutes versions confondues. De nombreuses forces aériennes ayant acquis pour leur propre usage des BN-2, l’entreprise décida de développer une variante militarisée du BN-2.

Le BN-2B est très proche de son aîné, mais il reçoit notamment des points d’attache sous les ailes, pouvant supporter une charge extérieure de près d’une tonne. Il est également plus grand et plus lourd. Vendu comme un appareil polyvalent, il le sera dans les faits. Il est peut-être plus facile de faire la liste des missions que ne remplit pas le Defender que l’inverse. On vit ainsi des BN-2B dans des missions de recherche et de sauvetage, d’évacuation sanitaire, de contrôle aérien avancé, de surveillance, de reconnaissance photographique, d’entraînement pour les parachutistes ou encore de lutte contre les incendies. Une version spécialement dédiée à la patrouille maritime en a aussi été développée. Cette variante se distinguait principalement par un radar de nez Bendix RDR 1400, capable de détecter un objet de 100 mètres carrés à 61 kilomètres, dans une mer agitée, ou de surveiller une bande de 111 kilomètres. Plusieurs types d’armement sont disponibles: en général, les Defender armés sont équipés de mitrailleuses de 7,62 mm en pods, de bombes de 113 ou de 227 kg, de paniers lance-roquettes, voire de fusées éclairantes ou de pods de contre-mesures électroniques. En configuration fret, le Defender peut transporter 1,1 tonne de marchandises, trois civières et deux infirmiers assis en configuration sanitaire. Son rayon d’action avec une tonne de charge extérieure est de 605 kilomètres.

Toutes ces qualités ont fait du BN-2B Defender un appareil répandu dans le monde. On en trouve encore de nombreux exemplaires parfaitement opérationnels, notamment au Royaume-Uni, à Malte ou encore à la Jamaïque.

Repères

Type: Avion de transport polyvalent

1er vol du prototype: mai 1970

Mise en service: ?

Pays d'origine

Grande-Bretagne

Grande-Bretagne


Pays utilisateurs

Afrique du Sud, Angola, Belgique, Belize, Botswana, Cambodge, République Démocratique du Congo, Chypre, Emirats Arabes Unis, Finlande, Ghana, Grande-Bretagne, Guyane, Haïti, Inde, Indonésie, Israël, Jamaïque, Jordanie, Madagascar, Malte, Mauritanie, Mexique, Myanmar, Népal, Oman, Panama, Philippines, Qatar, Rwanda, Seychelles, Suriname, Thaïlande, Venezuela, Zimbabwe.

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Données techniques

  • Version : BN-2B Defender
  • Motorisation : 2 moteurs à pistons Lycoming 0-540-E4C5
  • Puissance : 2 x 260 ch
  • Envergure : 16,15 m
  • Longueur du fuselage : 11,07 m
  • Hauteur au sol : 4,18 m
  • Surface alaire : 31,31 m²
  • Masse à vide : 1 825 kg
  • Masse maximale : 2 995 kg
  • Plafond pratique : 4 000 m
  • Distance franchissable : 1 400 km
  • Vitesse maximale : 264 km/h
  • Equipage : 1 pilote

Photos du BN-2B Defender

BN-2B Defender


BN-2B Defender


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