Dassault-Bréguet/Dornier Alphajet

L’Alphajet est le fruit d’une collaboration franco-allemande réussie entre Dassault-Bréguet et Dornier. Cet appareil biplace léger et simple est utilisé par les Français comme avion d’entraînement (version E), y compris par la Patrouille de France, tandis que les Allemands le destinent à l’attaque et à la reconnaissance (version A). Au début des années 1960, la France cherchait en effet à remplacer par un seul appareil ses T-33, dédiés à l’entraînement au pilotage, et ses Mystère IV utilisés pour l’entraînement aux armes. En revanche, la Luftwaffe continua à s’entraîner sur des appareils américains, préférant utiliser l’Alphajet comme appareil léger d’attaque en remplacement du Fiat G.91. Les appareils germaniques se distinguent de leurs homologues français par leur nez pointu et leur électronique. Le programme aboutit au prototype TA501, mené conjointement par Avions Marcel Dassault-Bréguet (AMD) et Dornier, auxquelles vint s’ajouter par la suite l’entreprise belge SABCA. Il est à noter qu’au départ, la France s’était d’abord associé au Royaume-Uni, leur collaboration donnant finalement naissance à un appareil d’attaque, le SEPECAT Jaguar.

L’Alphajet est un appareil à voilure en flèche, avec un angle de 28° et des volets à fente sur le bord de fuite. Les ailes sont placées en position haute, de manière à permettre l’emport d’armements imposants. Le fuselage est entièrement métallique. Deux entrées d’air semies-circulaires sont placées sous le bas du fuselage, une pour chaque réacteur. Les Allemands avaient d’abord envisagé l’emploi de General Electric J85 avant de se rallier à la solution française, à savoir deux réacteurs à double flux SNECMA/Turboméca Larzac 04-C6. L’Alphajet peut être armé d’un canon de 27 mm ou 30 mm (DEFA-553) en nacelle ventrale et emporter 2260 kg de charge offensive, essentiellement des paniers lance-roquettes (Matra RL F4), des bombes lisses ou à fragmentation ou encore des Brandt BAT-120 freinées par parachute. Le système d’armement et de navigation de la version de combat est efficace et précis, et permet une grande flexibilité dans les missions d’attaque. Les Alphajet allemands disposent d’une électronique adaptée à leurs missions d’attaque au sol, notamment un calculateur de navigation LR-416 et des détecteurs d’alerte radar. Les Alphajet 1B+ belges reçurent par la suite un viseur tête haute, des commandes HOTAS et un récepteur GPS.

Versions principales :

- TA501 : projet initial
- Alphajet A : version d’appui rapproché, d’abord destinée à la Luftwaffe
- Alphajet C : version de l’Alphajet C destinée à l’exportation (Côte d’Ivoire, Qatar, Togo)
- Alphajet E : version d’entraînement, destinée à l’Armée de l’Air
- Alphajet MS-1 : Alphajet E vendu à l’Egypte ; 30 exemplaires, dont 26 fabriqués sous licence
- Alphajet MS-2/NGEA : version d’attaque et d’entraînement plus perfectionnée, de réacteurs 04-C20 (1440 kg de poussée unitaire) et d’une avionique supérieure ; 36 exemplaires produits, dont 26 en Egypte
- T-45 Alphajet VTS/TS : version proposée à l’US Navy pour l’entraînement de ses pilotes ; a échoué face au BAe T-45 Goshawk
- Alphajet Lancier (ou Alphajet 3) : version d’attaque tout temps dérivée de l’Alphajet NGEA, disposant notamment d’un radar Thomson-CSF Agave et d’une capacité antinavire et air-air

Au total, 506 Alphajet ont été construits, 176 ayant été livrés à l’armée de l’air française (version E) et 175 outre-Rhin (version A). La Belgique a reçu 33 Alphajet E pour son Centre de Perfectionnement de Brustern-Saint Trond. Plusieurs Etats africains se portèrent acquéreurs : la Côte d’Ivoire (7 Alphajet E), le Maroc (24 Alphajet E, livrés entre 1979 et 1981), le Nigéria (24 Alphajet E) et le Togo (6 Alphajet E), le Cameroun préférant 6 Alphajet NGEA. L’Egypte acheta une licence de production et construisit elle-même ses appareils, dans son usine d’Hélouan. Le Qatar aligne toujours ses 6 Alphajet E livrés en 1981. Le dernier appareil est sorti des chaînes en 1988. Par la suite, l’Allemagne réduisit sa flotte et revendit d’occasion un certain nombre de ses appareils : le Portugal reçut ainsi 50 Alphajet A et la Thaïlande 25. D’autres se retrouvèrent sur le marché civil : l’organisme public britannique QinetiC, spécialisé dans la défense, opère 12 appareils ex-allemands et l’entreprise canadienne Top Aces Incorporated loue ses 12 appareils à l’armée de l’air canadienne, dans le cadre de missions d’entraînement et de guerre électronique.

Repères

Type: Entraînement et attaque légère

1er vol du prototype: 26 octobre 1973

Mise en service: 1978

Pays d'origine

France / Allemagne

France   Allemagne


Pays utilisateurs

France, Allemagne, Belgique, Cameroun, Côte d'Ivoire, Egypte, Maroc, Nigéria, Portugal, Qatar, Thaïlande, Togo.

Plan 3 vues

Plan 3 vues Alphajet

Données techniques

  • Version : Alphajet E
  • Motorisation : 2 Snecma/Turboméca Larzac 04
  • Puissance : 2x 1350 kgp
  • Envergure : 9,16 m
  • Longueur du fuselage : 11,85 m
  • Hauteur au sol : 4,19 m
  • Surface alaire : 18 m²
  • Masse à vide : 3 800 kg
  • Masse maximale : 7 250 kg
  • Plafond pratique : 14 600 m
  • Distance franchissable : 2 600 km
  • Vitesse maximale : Mach 0,85
  • Equipage : 2 pilotes

Profil

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Photos du Alphajet

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