KV-1

Description

A la fin des années 1930, les Soviétiques prirent conscience que leurs chars lourds devaient être remplacés. Plusieurs équipes se mirent au travail, et l’une d’entre elle proposa un char doté d’une seule tourelle. A cette époque, c’était une relative nouveauté, les tourelles multiples étant alors en vogue au sein des bureaux d’études du pays. On peut citer le monstrueux T-35, muni de pas moins de cinq tourelles, mais aussi les premiers prototypes du KV-1. Le concept fut accepté et la production fut lancé assez vite pour que les premiers exemplaires puissent être testés au cours de la guerre contre la Finlande. Cette campagne apprit beaucoup aux Soviétiques : le design final du char fut déterminé et sa mise en production lancée dans la foulée. Baptisé KV pour Kliment Vorochilov, alors commissaire à la Défense, le KV-1 constituait un char lourd tout à fait acceptable. Puissamment armé d’un canon court de 76,2 mm et de trois mitrailleuses, il était aussi bien protégé, avec un blindage pouvant aller jusqu’à 100 mm d’épaisseur. Cette protection s’était avérée efficace contre les armes antichars dont disposaient les Finlandais. Au début de l’invasion allemande en juin 1941, un peu plus de 500 KV-1 étaient en service.

L’expérience durement acquise durant les premiers combats contre les forces de l’Axe fit ressortir les qualités et les défauts du KV-1. Si le canon du KV-1 était bien suffisant pour contrer les nombreux chars légers encore alignés par l’Allemagne, il ne parvenait pas à transpercer le blindage frontal des chars allemands les plus lourds. A l’inverse, les KV-1 se révélèrent vulnérables face aux obus allemands, notamment ceux de 88 mm. La Wehrmacht, un temps mise à mal par certains chars soviétiques, comme le nouveau T-34 et le KV-1, avait même fait venir sur le front de vieux canons de 75 mm de fabrication française, qui, à la surprise générale, parvinrent à obtenir de bons résultats. Les Soviétiques essayèrent donc d’améliorer le blindage des KV-1. On vit ainsi se succéder le KV-1E (pour ekanirovski, surblindé), le KV-1B et le KV-1C. Sur le KV-1B, on fit ainsi passer la protection frontale et sur les côtés de 25 à 35 mm d’épaisseur. La tourelle reçut aussi un revêtement complet en fonte. Mais ce renforcement de la protection se fit au détriment de la mobilité du KV-1. Celle-ci était déjà limitée, en raison du poids du char. La transmission était souvent défectueuse et l’embrayage des premiers KV-1 si défectueux qu’il était souvent très difficile de passer les vitesses. Le moteur de 600 ch resta le même sur toutes les variantes et les performances décrurent logiquement. Pour y remédier, on adopta donc une démarche inverse de la précédente, en réduisant le blindage pour augmenter la vitesse, ce qui donna naissance au KV-1S (skorotsnoy, rapide). Les KV-1 partagaient aussi un inconvénient majeur avec la plupart des chars français, à savoir que le chef de char devait aussi charger le canon, ce qui ne manqua pas de poser des problèmes insolubles en plein combat. Enfin, la visibilité était fort médiocre et l’habitabilité du char inexistante, une constante dans la fabrication soviétique de cette époque, l’équipage ne bénéficiant d’aucun soin particulier.

Engagés dans la Seconde Guerre Mondiale, les KV-1 jouèrent un rôle non négligeable dans les opérations soviétiques. Quelques uns se couvrirent de gloire, mais d’autres furent capturés par les Allemands, qui les réutilisèrent sous la dénomination Panzerkampfwagen KV-IA 753(r) ou Panzerkampfwagen KV-IB 755(r). L’arrivée croissante de chars lourds allemands amena d’abord les Soviétiques à tenter de renforcer l’armement des KV-1 : on passa à un 76,2 mm long, puis au KV-85, doté d’un canon de 85 mm. Mais l’installation d’un canon de 107 mm ne fut pas possible. Finalement, à partir du KV-1 et après de nombreuses modifications, les ingénieurs soviétiques parvinrent au char IS-1 et à ses redoutables cousins de la série IS, dont le T-10 est le dernier représentant.

On estime à près de 5200 le nombre de chars KV-1 construits, entre 1939 et 1943. A cela s’ajoutent près de 255 KV-2, un KV-1 pourvu d’une tourelle plus grande et plus haute dotée d’un obusier de 122 puis de 152 mm. Les KV-2 avaient une bonne puissance de feu, mais ils étaient encore plus lourds et plus vulnérables (avec leur haute tourelle) que leurs cousins KV-1. On peut citer enfin quelques variantes moins connues, comme le KV-8 (char lance-flammes muni d’un tube de 45 mm) et le KV-14, qui servit de prototype au redoutable obusier autopropulsé SU-152.


Repères

Ex-URSS

Ex-URSS

Caractéristiques

  • Type : Char d'assaut lourd
  • Constructeur : Sergeï Mironovich Kirov
  • Distance franchissable : 180 km
  • Vitesse max. : 30 km/h
  • Motorisation : 1 Diesel V2K développant 600 ch
  • Poids : 47.5 tonnes
  • Longueur : 6.9 m
  • Largeur : 3.32 m
  • Hauteur : 2.71 m
  • Equipage : 5 personnels
  • Armement :
    - 1 canon F-32 de 76.2 mm
    - 1 mitrailleuse coaxiale DT de 7.62 mm
    - 1 mitrailleuse DT de 7.62 mm
    - 1 mitrailleuse DT de 7.62 mm

  • Unités en service : aucun
  • Nombre total d'unités produites : ~5200

Photo du KV-1

Photo du char KV-1

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