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General Dynamics F-111 Aardvark

 

Repères

Type: Avion d'attaque

1er vol du prototype:
21 décembre 1964

Mise en service: 1967

Description

L'origine de l’Aardvark, ainsi surnommé pour sa ressemblance à l’animal au long nez, remonte au mois de juillet 1960, en réponse à un double cahier des charges d’intercepteur long rayon d'action pour le compte de l'US Navy et d’appareil d’attaque en profondeur pour l'USAF.
Ce projet repose sur le développement d’un avion à géométrie variable permettant le remplacement des F-105 Thunderchief de l’US Air Force et des F-4 Phantom II de la Navy. A cette époque, le secrétaire à la défense Robert McNamara estime que la satisfaction des deux armées peut être regroupée en un seul et unique projet : le TFX. General Dynamics commence alors le développement d'un appareil multirôle supersonique, le F-111, qui deviendra un appareil controversé par ses coûts, ses difficultés techniques et ses débuts au Vietnam, mais également très performant et sûr dans son rôle d'interdiction tous temps.

Le F-111 Aardvark est à l’origine de nombreux développements tels que :
- la voilure à géométrie variable, permettant d’allier une bonne maniabilité aux basses vitesses, une distance franchissable intéressante, une excellente capacité d’emport, un bon comportement au décollage et à l’atterrissage, et de remarquables performances aux grandes vitesses. Ce type de voilure est toutefois très complexe à mettre en œuvre. La voilure du F-111 varie d’une flèche de 16° (phases de basses vitesses) à 72,5° (supersonique). En règle générale, le pilote sélectionne 54° de flèche pour une maniabilité optimum (portance et manoeuvrabilité).
- le radar de suivi de terrain, permettant de voler de jour comme de nuit à toutes les altitudes, par tous les temps. Le TFR (Terrain Following Radar) permet au F-111 Aardvark d’épouser les contours du terrain qu’il survole sans intervention du pilote.
- une cabine d'éjection biplace : un cordon détonateur permet de séparer la capsule dans laquelle prennent place côte à côte les 2 membres d’équipage. Un moteur fusée est alors chargé d’éloigner la cabine de l’avion, puis un parachute freine la descente.
Parvenant à satisfaire la fiche programme du Département de la Défense, General Dynamics obtient la signature d’une commande de 23 appareils de développement : 18 pour l’USAF (F-111A) et 5 pour l’US Navy (F-111B), qui réalisent respectivement leur premiers vols le 21 décembre 1964 et le 18 mai 1965.

Le premier F-111A entre en service opérationnel en octobre 1967. Révélant de très bonnes performances, le F-111 Aardvark est immédiatement mis à contribution dans la Guerre du Vietnam en mars 1968. Mais lors de la première campagne, 2 des 6 appareils engagés dans le conflit ont abattus. Tous les F-111 regagnent donc les Etats-Unis. Ce n’est qu’en 1972 que le F-111 fait son retour au Vietnam, avec 50 appareils déployés. Accusant de nombreuses pertes, ils sont souvent cloué au sol par les mauvaises conditions météorologiques.

De son côté, la version embarquée connaît une telle augmentation de masse que les performances s’en trouvent nettement amoindries. En août 1968, le projet F-111B est définitivement abandonné après la construction de deux exemplaires de série.

Le F-111A reçoit le réacteur TF-30 P3 de 8400 kg de poussée, un canon de 20 mm (monté en soute et alimenté par 2084 obus) et une charge offensive de 11 tonnes répartie sur 6 points d’emport et une soute d’armements internes.

En tout, 563 exemplaires seront livrés à partir de 1969, et un certain nombre de versions différentes voient le jour :
- 96 F-111D à l’avionique améliorée et équipés de TF-30 P9
- 94 F-111E, version simplifiée du F-111D, dont la plupart sont déployés en Europe, est capable de mettre en œuvre des armements nucléaires (type B-61) en plus de sa panoplie habituelles d’armes conventionnelles
- 106 F-111F dotés du réacteur TF-30 P100 beaucoup plus puissant (11,4 t de poussée) et équipés du système Pave-Tack adapté au vol de nuit (FLIR : Forward Looking InfraRed) pour les désignations laser d’objectifs. Les F-111F possèdent également un système optronique qui envoie l’image directement au poste de pilotage.
- 76 FB-111A, optimisés pour les missions du Strategic Air Command. Ils voient le jour à partir de 1969. Plus longs, bénéficiant d’une envergure plus grande, d’un train d’atterrissage renforcé et d’une capacité interne de kérozène augmentée ces appareils équipent 2 Wings du SAC. Equipés d’armes nucléaires (Bombes B-61) ou de missiles SRAM (Short Range Attack Missile) et de réservoirs supplémentaires, ils participent à la veille nucléaire jusque dans les années 90 avant d’être partiellement renommés en F-111G et affectés à l’entraînement.
Les capacités du F-111 sont également exploitées à partir de 1981 dans le domaine de la guerre électronique avec la version EF-111 Raven développé en collaboration avec Grumman.

A l’exportation, l’Aardvark ne connaît guère de succès, car seuls 24 F-111C sont achetés par l’Australie en 1963. Les Australiens attendent alors 10 ans avant d’être livrés d’appareils modifiés pour les besoins spécifiques de lutte anti-navires. La Grande Bretagne renonce quant à elle à une commande de 46 avions suite à de sévères restrictions budgétaires.

Le F-111 revient sur le devant de la scène politique en avril 1986 lors du raid sur Tripoli en Lybie. Des F-111F basés en Grande Bretagne frappent plusieurs objectifs alors qu’étant interdits de survol de l’Europe et de l’Espagne ; leur périple les oblige à contourner l’Europe par l’Atlantique et rejoindre la Lybie via le Détroit de Gibraltar en effectuant 6 ravitaillements en vol.

Du point de vue opérationnel, le F-111 est capable de voler en supersonique aussi bien à 18 000 m (Mach 2,5) qu’au niveau du sol (Mach 1,2) et d’emporter une forte charge offensive (11 tonnes) sur de longues distances, loin derrière les lignes ennemies. La charge offensive repose sur une soute exploitée essentiellement pour l’emport de charge nucléaire, d’un canon ou du système Pave Tack, et sur 4 points d’emport par aile (les 2 à l’intérieur sont mobile pour assurer le pivot de la voilure, les 2 extérieurs sont fixes et ne sont utilisés qu’en voilure minimum).

Le dernier exemplaire de l’Aardvark est livré en septembre 1976, et les derniers F-111F sont retirés du service le 27 juillet 1996.

Fiche réalisée par Vicastel, Tuckson.
 

Données techniques

Version : F-111D Aardvark
Moteurs : 2 Pratt & Whitney TF30-P9
Puissance : 2x 8890 kgp en PC
Flèche variable : Oui : 16° à 72°
Envergure : 19,20 m (ailes déployées)
Longueur : 22,40 m
Hauteur au sol : 5 m
Surface alaire : 48,78 m²
Masse à vide : 22 565 kg
Masse maximale : 45 350 kg
Plafond pratique : 18 000 m
Dist. franchissable 1: 4700 km  
Vitesse maximale : 2335 km/h
Equipage : 1 pilote + 1 navigateur

1 en configuration lisse et sans réservoirs supplémentaires ni ravitaillement en vol.

Pays d'origine

Etats-Unis

Cocarde Etats-Unis

Pays utilisateurs du F-111 Aardvark

Australie, Etats-Unis.
 

Photos du F-111 Aardvark

F-111 Aardvark

F-111 Aardvark

Vidéos du F-111 Aardvark


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